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La Pentecôte et l'Église actuelle
par Joseph Tkach, pasteur général de l'Église Universelle de Dieu.

Même si nous lisions le récit des événements, il nous est impossible de ressentir ce que les disciples ont vécu après la résurrection de Jésus. Les disciples avaient déjà vu plus de miracles que la plupart des gens n'auraient crû. Pendant trois ans, ils avaient entendu le message et ne le comprenaient toujours pas. Pourtant, ils ont continué à suivre Jésus. L'hardiesse de Jésus, son assurance, son sens du destin en faisaient un homme étrangement attirant. Mais la crucifixion les a foudroyés. Toutes leurs espérances étaient tombées à l'eau. Leur enthousiasme cédait à la crainte. Ils ont verrouillé les portes et projetaient de rentrer chacun chez soi et de reprendre leurs métiers respectifs. En toute probabilité, ils étaient sidérés.

Puis, Jésus leur est apparu. Il leur a donné de nombreuses preuves convaincantes qu'il était bel et bien vivant. Quelle étonnante tournure d'événements ! Comment une personne peut-elle faire face à une expérience aussi déroutante ? Les morts ne peuvent pas être en vie. Ils ne parlent pas, ils ne mangent pas, ils n'apparaissent pas derrière des portes verrouillées. Ce que les disciples avaient vu, entendu et touché échappait à toute compréhension de la réalité telle qu'ils avaient connue auparavant. C'était à la fois incompréhensible, déroutant, déconcertant, électrifiant et stimulant.

Plus tard, un nuage enveloppait Jésus comme il s'élevait au ciel. Les disciples fixaient le regard au ciel. Ils en sont probablement restés bouche bée. Deux anges leur ont dit que Jésus reviendrait (Actes 1:11). Les disciples sont donc rentrés à la ville. Fermement convaincus sur le plan spirituel et motivés, ils cherchaient, à travers la prière, à choisir un autre apôtre pour se joindre à eux (vv. 15-26). Ils savaient qu'une tâche les attendaient et qu'ils avaient une mission à accomplir. Ils savaient qu'ils avaient besoin de l'aide pour accomplir leur tâche. C'était le moins que l'on puisse dire ! En fait, ils avaient besoin du Saint-Esprit. Pour une tâche à la hauteur de Dieu, ils avaient besoin de Dieu. L'adrénaline ne leur aurait pas suffit pour qu'ils se consacrent à l'oeuvre pendant des décennies.

Il leur fallait affronter la persécution de leurs amis et d'étrangers. Ils devaient considérer les Écritures de l'Ancien Testament sous un jour nouveau. Ils avaient besoin de l'autorité, de la sagesse et des instructions de Dieu. Ils avaient besoin d'une puissance qui les raviverait pour le long parcours, une puissance qui les régénérerait, les renouvellerait et les transformerait. Ils avaient besoin du Saint-Esprit.

La Pentecôte : une fête chrétienne

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, les disciples étaient tous rassemblés au même endroit. Tout à coup, un grand bruit survint du ciel: C'était comme si un violent coup de vent s'abattait sur eux ... ils furent tous remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler dans différentes langues, chacun s'exprimant comme le Saint-Esprit lui donnait de le faire » (Actes 2:1-4).

Selon la Torah, la Pentecôte était une fête du temps de la moisson. Elle avait lieu vers la fin de la récolte du printemps. C'était une fête exceptionnelle en ce que le pain de l'offrande contenait du levain (Lévitique 23:17). Selon la tradition juive, la Pentecôte était également associée au moment où la loi avait été donnée au mont Sinaï.

Ni la Torah ni la tradition n'avaient pu préparer les disciples pour l'arrivée impressionnante du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. Rien dans le symbolisme du levain n'indiquait aux disciples que le Saint-Esprit les disposerait à parler d'autres langues. En fait, ce jour-là, Dieu accomplissait quelque chose de nouveau. Dieu ne tentait pas d'améliorer la fête ou de l'actualiser, ni de changer les symboles ou de présenter une nouvelle façon de célébrer une ancienne fête. Non, il s'agissait de quelque chose de neuf.

Les gens les ont entendus parler les langues de Parthe, de la Libye, de Crête et d'autres pays encore. Un bon nombre d'entre eux ont demandé : Que veut dire ce merveilleux miracle ? Pierre a été inspiré à en donner la signification, et l'explication n'avait rien à voir avec la fête de l'ancienne alliance. En fait, l'événement accomplissait une prophétie de Joël à propos des derniers jours.

Nous vivons dans les derniers jours, a-t-il dit à son auditoire. Et la signification en est encore plus extraordinaire que le miracle des langues. Selon la pensée juive, les derniers jours sont associés à de nombreuses prophéties de l'Ancien Testament portant sur le Messie et le royaume de Dieu. En fait, Pierre disait qu'un nouvel âge avait vu le jour.

D'autres écrits du Nouveau Testament donne des détails manquants sur le changement d'âge : l'ancienne alliance est caduque et l'ère de la foi, de la vérité, de l'Esprit et de la grâce remplace celle de la loi de Moïse (Galates 3:23 ; Jean 1:17). Quoique la foi, la vérité, la grâce et l'Esprit existaient jadis, l'ancienne ère était dominée et caractérisée par la loi, par opposition à l'ère nouvelle caractérisée par la foi en Jésus-Christ.

La Pentecôte en est un rappel puissant pour l'Église contemporaine. Nous ne l'observons pas en tant que fête de l'ancienne alliance, ni en tant que fête obligatoire. Nous l'observons parce qu'elle fait partie autant des traditions de notre confession que celles d'un bon nombre d'autres confessions.

Notre tradition avait un point de vue différent de celui de la plupart des autres confessions. Nous avions une vue faussée de la fête à cause d'associations inexactes. Il nous est donc important aujourd'hui de considérer la fête sous un nouvel angle. Il faut se demander, comme on l'a fait d'ailleurs au premier siècle : « Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire? » (Actes 2:12). Il faut écouter Pierre pour en connaître la signification inspirée : nous vivons dans les derniers jours, dans les temps de la fin, dans un nouvel âge.

Nous ne tenons plus compte de la moisson physique, d'une vie rurale dans un petit coin de la terre. Nous ne tenons plus compte de la loi de Moïse, ni des pains de levain utilisés dans les rites du temple. Maintenant, nous tournons le regard vers l'Esprit que Dieu déverse sur toute chair, sur tout homme ou femme, esclave ou libre (vv. 17-18). Dieu appelle toutes les nations à la foi et à la vie éternelle en son Fils. « Seront sauvés tous ceux qui feront appel au Seigneur » (v. 21).

Et que faisons-nous au cours de ce nouvel âge ? Nous prêchons Christ, tout comme le faisait Pierre. Les manifestations stupéfiantes du Saint-Esprit ne constituaient pas le fond du sermon de Pierre. Le plus gros de son sermon portait sur l'identité de Jésus-Christ. Pierre aurait pu répéter les paroles suivantes : « Le temps est accompli. Le Règne de Dieu est proche. Changez de vie et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1:15).

Nous vivons à l'époque de la bonne nouvelle, soit une invitation d'entrer dans le royaume de Dieu par la foi, en acceptant Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur.

Comment donc réagir face au message ? Voici ce qu'en dit Pierre : « Changez de vie » - c'est-à-dire tournez-vous vers Dieu - « et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38). Et nous y répondons en nous consacrant à l'enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et à la prière (v. 42).

Leçons de la Pentecôte

L'Église chrétienne continue à commémorer la venue du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. La plupart des traditions fêtent la Pentecôte 50 jours après Pâques. La fête chrétienne se tourne vers les débuts de l'Église chrétienne. En me fondant sur les événements rapportés dans Actes 2, j'y constate de nombreuses leçons précieuses :

  • La nécessité du Saint-Esprit. Nous ne pouvons prêcher l'Évangile sans que le Saint-Esprit habite en nous et nous responsabilise pour faire l'oeuvre de Dieu. Jésus a exhorté ses disciples de prêcher à toutes les nations. Mais d'abord, ils devaient attendre à Jérusalem, jusqu'à ce qu'ils soient « revêtus de la puissance d'en haut » (Luc 24:49). L'Église a besoin de puissance. Nous avons besoin d'enthousiasme (c'est-à-dire nous avons besoin de Dieu en nous) pour accomplir l'oeuvre qui nous attend.
  • La diversité au sein de l'Église. L'Évangile est répandu dans toutes les nations. Il est prêché à tous les peuples. L'oeuvre de Dieu ne vise plus seulement un groupe ethnique. Jésus est à la fois le deuxième Adam et la semence d'Abraham. Les promesses visent donc toute l'humanité. La diversité de langues parlées le jour de la Pentecôte constitue une image miraculeuse de l'envergure mondiale de l'oeuvre.
  • Nous vivons dans un nouvel âge, une nouvelle époque. Pierre qualifiait cet âge de derniers jours ; nous pouvons également l'appeler l'âge de la grâce et de la vérité, ou l'âge de l'Église, ou encore l'âge du Saint-Esprit et de la nouvelle alliance. Actuellement, Dieu oeuvre dans le monde d'une manière différente qu'autrefois.
  • Maintenant, le message de Jésus-Christ crucifié et ressuscité apporte le salut et le pardon à quiconque croit en lui. Les sermons des Actes répètent sans cesse les vérités fondamentales. Les épîtres de Paul donnent de plus amples renseignements sur la signification théologique de Jésus-Christ, car la seule façon d'entrer dans le royaume de Dieu, c'est par Jésus-Christ. Nous y arrivons par la foi, et nous pouvons y entrer dès aujourd'hui. Nous partageons la vie de l'âge à venir parce que le Saint-Esprit habite en nous.
  • Le Saint-Esprit unit tous les croyants en un seul corps et l'Église croît par la prédication portant sur Jésus-Christ. L'Église est caractérisée non seulement par sa mission évangélique, mais aussi par la formation de disciples, la fraternisation, la fraction du pain et la prière. Ces actes ne nous sauvent pas. Cependant, l'Esprit nous pousse à exprimer ainsi notre nouvelle vie en Christ.

Nous vivons et nous oeuvrons par la puissance du Saint-Esprit ; c'est Dieu en nous qui nous apporte la joie du salut, la persévérance face à la persécution et l'amour qui transcendent les différences culturelles au sein de l'Église.

Mes amis et concitoyens du royaume de Dieu, que Dieu vous bénisse amplement au cours de la célébration de la Pentecôte de la nouvelle alliance, vous qui êtes transformés par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ et par l'Esprit qui habite en vous.

L'Église apporte le rétablissement

« Ce jour touche l'Église en tant que communauté de l'Esprit et non seulement l'oeuvre de l'Esprit dans le coeur des personnes. L'incidence de la tour de Babel avait enfanté la disjonction, la confusion découlant de l'individualisme. L'Église apporte le rétablissement, tel que mentionné par Paul dans sa métaphore de l'Église en tant que corps avec ses nombreuses parties, différentes les unes des autres, mais ayant toutes besoin les unes des autres. » (Laurence Hull Stookey, Calendar: Christ's Time for the Church, Abingdon, 1996, pp. 75-77).


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