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Envisager l'avenir : En
tant que chrétien, je ne déclarerai pas que les choses ne sont pas aussi
mauvaises qu'elles ne paraissent. Si je ne m'abuse, la Bible me dit que
les choses iront de mal en pis à mesure que nous approchons le retour du
Seigneur. Certes, les jours à venir seront difficiles. Mais notre
Seigneur ne nous a pas laissés sans espoir. Quand
nous faisons face à des perspectives d'avenir effrayantes, nous pouvons
nous mettre dans la peau des disciples de notre Seigneur, Jésus-Christ.
Notre Seigneur parlait de plus en plus clairement de sa mort à Jérusalem.
Au cours du dernier repas, il leur révélait qu'un de ses intimes le
trahirait sous peu (Jean 13:18, 21), et qu'avant la fin de la nuit, Pierre
le renierait (Jean 13:38). Pour
des gens qui avaient tout abandonné pour devenir disciples du Sauveur, la
situation était très déconcertante (Matthieu 19:27). Maintenant, ils
craignaient l'avenir au lieu de l'attendre avec impatience. Comme beaucoup
d'entre nous, les disciples redoutaient l'avenir au lieu de la désirer. Les
paroles du Seigneur sont réconfortantes et encourageantes. Elles
contiennent un message de paix et de consolation. C'est en comprenant les
principes de ces versets et en les mettant en pratique que nous pouvons
envisager l'avenir avec la foi et non la crainte, avec de l'espoir et non
le désespoir. Où
vas-tu ? (14:1-4) Le
passage consigné à Jean 14:1-4 est une réponse à la question de Pierre
consignée au chapitre 13 : « Seigneur, où vas-tu? » (Jean 13:36).
Notre Seigneur venait de révéler qu'il quittait ses disciples sans que
ces derniers puissent le suivre pour quelque temps. Tout confiant, Pierre
se déclarait prêt à suivre Jésus n'importe où, même jusqu'à la
mort. Le chapitre 13 se termine par la prophétie troublante du reniement
de Pierre. Les quatre premiers versets du chapitre 14 contiennent une réponse
plus complète à la question soulevée par Pierre quand ce dernier lui a
demandé Où vas-tu ? Ce
départ visait le retour de Jésus auprès de son Père céleste. Ce qui
plus est, cela impliquait une mort atroce par crucifixion. Pierre n'a pas
posé la question à cause d'un manque d'information. En fait, le Seigneur
avait déjà annoncé clairement sa mort. Le problème ? L'entêtement des
disciples d'accepter l'enseignement clair du Seigneur. La souffrance et la
mort ne concordaient pas avec leurs idées préconçues à propos du
Messie et du royaume à venir. Jésus ne pouvait pas être sérieux ! Ils
répétaient donc la question dans l'espoir d'obtenir une autre réponse
contraire à celle qui leur était constamment communiquée. D'abord,
Jésus a traité la cause sousjacente de leur agitation spirituelle,
c'est-à-dire leur manque de foi. La prescription contre la crainte, c'est
la foi : « Que votre coeur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu: ayez
aussi foi en moi » (Jean 14:1). Tout comme les disciples avaient
confiance en Dieu, ils devaient aussi croire au Seigneur Jésus. Ils ne
pouvaient s'empêcher de remettre en question la sagesse du Sauveur qui précipitait
sa propre mort. À leurs yeux, c'était comme si l'on rejetait bêtement
tous leurs espoirs. Pour
raffermir l'espoir affaibli des onze apôtres, Jésus les a d'abord rassurés
du résultat des événements de l'avenir immédiat. Il les empressait de
tenir compte du dernier chapitre de l'histoire avant de conclure à la légère
quoi que ce soit face aux événements de l'avenir immédiat. La
destination de notre Seigneur était de retourner à la maison de son Père,
soit au ciel. Le but ultime du départ de notre Seigneur ? De nous y préparer
une place avec lui et le Père. Il partira, mais assurément, il reviendra
pour nous prendre avec lui à jamais. Par
quel chemin y parvient-on ? (14:5-7)
Thomas,
le réaliste entêté du groupe, refusait de croire à la résurrection de
Jésus jusqu'à preuve directe du contraire (Jean 20:24-25). Dans ce
passage, il ne se contentait pas de la réponse de notre Seigneur. À son
sens, Jésus n'avait toujours pas répondu de façon satisfaisante à la
première question. Personne ne connaissait la destination de Jésus. Ils
ne pouvaient donc pas connaître le chemin pour y parvenir. Selon
Thomas, la question était simple, mais celui-ci ne semblait pas entendre
la réponse. Comment savoir quel chemin emprunter sans connaître la
destination ? Comment trouver le bon chemin sans connaître l'endroit ?
Les disciples ne comprenaient toujours pas les paroles de Jésus touchant
son départ. Ils refusaient d'accepter la prophétie de sa mort. Ils
refusaient de reconnaître que le départ du maître était rien d'autre
qu'un saut à l'extérieur du pays jusqu'à ce que les esprits se
refroidissent et les choses se calment. Ils pensaient d'une façon très
littéraire et physique. Ils ne connaissaient pas la destination de Jésus
; il leur était donc impossible de connaître le chemin pour aller à sa
rencontre. Quoique
simple, la réponse de Jésus n'était pas simpliste. Il se déclarait à
la fois le but et le guide. Le destin ultime des disciples était de vivre
avec Christ. Ils cherchaient à comprendre les détails pour se rendre où
Jésus s'en allait. Jésus les informait qu'il était à la fois guide et
but : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père
que par moi » (Jean 14:6, version Louis Segond). Si nous sommes vraiment
nés de nouveau, notre destination ultime, c'est la maison du Père.
Personne ne connaît le chemin pour s'y rendre si ce n'est le Fils. Le
Fils devait retourner auprès du Père. Il reviendrait plus tard prendre
les siens avec lui afin de partager avec eux ses richesses. Cela suffisait
aux disciples de connaître le Fils et de savoir qu'il était leur guide.
Enfin, le chemin n'est pas notre responsabilité, mais la sienne. À
mon sens, il s'agit d'un principe d'une importance capitale. Jésus-Christ
est à la foi notre but et notre guide. Le secret du chemin à suivre,
c'est connaître le guide. À
une époque où l'avenir paraît sombre et dangeureux, il y a énormément
d'intérêt, voire une inquitétude excessive, à propos du chemin à
suivre. C'est l'une des grandes obsessions de notre époque : connaître
la volonté spécifique de Dieu. Par la même occasion, nous en sommes
venus à mettre plus l'accent sur le chemin à suivre que sur le guide. Il
y aurait lieu d'écouter les paroles de notre Seigneur, lui, le Sauveur,
le seul à la hauteur de la tâche. Il donne la vie. Il est la force génératrice
du chrétien (cf. Jean 1:1-4). Il incarne la vérité même, le reflet
parfait du Père. Enfin, il est le chemin. Il n'est pas nécessaire de
connaître tous les tournants de la vie, pourvu que nous restions proche
du guide. Le
seul chemin qui conduit au Père, c'est le Fils. Cette phrase résume le
but de la vie et du ministère de notre Seigneur, Jésus. Tous les hommes
sont pécheurs, sujets à la condamnation de Dieu. Le seul chemin qui
conduit au Père, c'est l'oeuvre rédemptrice du Fils sur la croix. C'est
l'élément de la mission de Jésus que les disciples auraient souhaité
qu'il abandonne. Il faut nous fier constamment à Christ en tant que
source de notre sanctification et notre justification. Montre-nous
le Père : cela nous suffira (14:8-21)
La
promesse du Seigneur Jésus ne suffisait pas à Philippe. Je crois bien
que cela ne suffisait pas aux autres disciples non plus. Jésus n'avait
qu'à leur donner un signe spectaculaire en leur révélant le Père dans
toute sa splendeur. Cela leur suffirait. Cela leur apaiserait leur coeur
et l'esprit. Voilà la demande de Philippe. C'était une question de
confirmation. L'avenir leur paraissait si menaçant et les paroles de Jésus
semblaient si abstraites. Si seulement il pouvait y avoir une confirmation
spectaculaire quelconque. Si seulement ils pouvaient voir le Père … En
faisant cette demande, Philippe révélait la fragilité de la foi des
disciples à ce moment de leur vie. Ils n'avaient pas saisi l'un des buts
principaux de la venue du Christ, car Jésus était venu ici-bas pour révéler
le Père. Jésus
leur a rappelé les deux courants principaux de son autorité, sa parole (verset
10) et ses oeuvres (verset 11). Son enseignement était marqué par une
autorité bien au-delà du leadership religieux d'Israël (cf. Matthieu
7:28-29). Ses miracles constituaient l'approbation divine de ses déclarations
(cf. Jean 3:2 ; 11:41-45 ; Actes 2:2). Même ses ennemis devaient reconnaître
la puissance convaincante de ses oeuvres (Jean 11:47-48) ; 12:9-19). Mais
ses adversaires refusaient d'accepter sa déclaration qu'il était Dieu.
Donc, puisque Jésus faisait preuve de pouvoirs surnaturels, ils ont dû
attribuer ses oeuvres à la puissance de Satan (Marc 3:22). En
plus de la preuve à l'appui des paroles et des oeuvres de Jésus, il
existe aussi une autre attestation de la présence de Dieu. Cette preuve
sera connue dans un temps à venir. « Quand ce jour viendra, vous connaîtrez
que je suis en mon Père; vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que
moi je suis en vous (Jean 14:20). Le jour en question n'est pas le jour de
son retour pour les siens, ni le jour de son second avènement pour établir
son royaume. C'est le jour où la puissance du Saint-Esprit serait révélé
dans la vie des disciples de Jésus. Ce jour a débuté à la Pentecôte
et s'est poursuivi jusqu'aujourd'hui. Vu la présence de cette puissance
spirituelle dans la vie de croyants fidèles, Jésus pouvait promettre :
« Vraiment, je vous l'assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même
les oeuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je
vais auprès du Père » (Jean 14:12). La
demande de Philippe et la réponse du Seigneur cachent un principe qu'il
ne faut jamais oublier : la demande d'une confirmation de la présence de
Dieu de façon spectaculaire provient souvent d'un manque de foi en ce que
Dieu nous a nettement révélé dans sa parole. Beaucoup d'entre nous
souhaitent que Dieu se révèle à nous d'une manière spectaculaire, afin
de nous prouver qu'il est réel et que nous en soyons encouragés. Mais
Dieu s'est révélé à l'être humain par la révélation définitive et
irréfutable de son Fils (Hébreux 1:1-2). Le fait de demander un signe
supplémentaire, c'est de remettre en question la suffisance de l'oeuvre
de Dieu. Il
existe une confirmation supplémentaire de notre foi, mais cela n'arrive
pas du jour au lendemain. On la reçoit par une bénédiction que Dieu
nous donne lorsque nous obéissons à sa parole : « Si vous m'aimez, vous
suivrez mes enseignements. Et moi, je demanderai au Père de vous donner
un autre Défenseur, afin qu'il reste pour toujours avec vous » (Jean
14:15-16). |
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