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Envisager l'avenir :
une prescription d'encouragement
Une étude de Jean 14:1-28

par Bruce Collingwood

En tant que chrétien, je ne déclarerai pas que les choses ne sont pas aussi mauvaises qu'elles ne paraissent. Si je ne m'abuse, la Bible me dit que les choses iront de mal en pis à mesure que nous approchons le retour du Seigneur. Certes, les jours à venir seront difficiles. Mais notre Seigneur ne nous a pas laissés sans espoir.

Quand nous faisons face à des perspectives d'avenir effrayantes, nous pouvons nous mettre dans la peau des disciples de notre Seigneur, Jésus-Christ. Notre Seigneur parlait de plus en plus clairement de sa mort à Jérusalem. Au cours du dernier repas, il leur révélait qu'un de ses intimes le trahirait sous peu (Jean 13:18, 21), et qu'avant la fin de la nuit, Pierre le renierait (Jean 13:38).

Pour des gens qui avaient tout abandonné pour devenir disciples du Sauveur, la situation était très déconcertante (Matthieu 19:27). Maintenant, ils craignaient l'avenir au lieu de l'attendre avec impatience. Comme beaucoup d'entre nous, les disciples redoutaient l'avenir au lieu de la désirer.

Les paroles du Seigneur sont réconfortantes et encourageantes. Elles contiennent un message de paix et de consolation. C'est en comprenant les principes de ces versets et en les mettant en pratique que nous pouvons envisager l'avenir avec la foi et non la crainte, avec de l'espoir et non le désespoir.

Où vas-tu ? (14:1-4)

Le passage consigné à Jean 14:1-4 est une réponse à la question de Pierre consignée au chapitre 13 : « Seigneur, où vas-tu? » (Jean 13:36). Notre Seigneur venait de révéler qu'il quittait ses disciples sans que ces derniers puissent le suivre pour quelque temps. Tout confiant, Pierre se déclarait prêt à suivre Jésus n'importe où, même jusqu'à la mort. Le chapitre 13 se termine par la prophétie troublante du reniement de Pierre. Les quatre premiers versets du chapitre 14 contiennent une réponse plus complète à la question soulevée par Pierre quand ce dernier lui a demandé Où vas-tu ?

Ce départ visait le retour de Jésus auprès de son Père céleste. Ce qui plus est, cela impliquait une mort atroce par crucifixion. Pierre n'a pas posé la question à cause d'un manque d'information. En fait, le Seigneur avait déjà annoncé clairement sa mort. Le problème ? L'entêtement des disciples d'accepter l'enseignement clair du Seigneur. La souffrance et la mort ne concordaient pas avec leurs idées préconçues à propos du Messie et du royaume à venir. Jésus ne pouvait pas être sérieux ! Ils répétaient donc la question dans l'espoir d'obtenir une autre réponse contraire à celle qui leur était constamment communiquée.

D'abord, Jésus a traité la cause sousjacente de leur agitation spirituelle, c'est-à-dire leur manque de foi. La prescription contre la crainte, c'est la foi : « Que votre coeur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu: ayez aussi foi en moi » (Jean 14:1). Tout comme les disciples avaient confiance en Dieu, ils devaient aussi croire au Seigneur Jésus. Ils ne pouvaient s'empêcher de remettre en question la sagesse du Sauveur qui précipitait sa propre mort. À leurs yeux, c'était comme si l'on rejetait bêtement tous leurs espoirs.

Pour raffermir l'espoir affaibli des onze apôtres, Jésus les a d'abord rassurés du résultat des événements de l'avenir immédiat. Il les empressait de tenir compte du dernier chapitre de l'histoire avant de conclure à la légère quoi que ce soit face aux événements de l'avenir immédiat. La destination de notre Seigneur était de retourner à la maison de son Père, soit au ciel. Le but ultime du départ de notre Seigneur ? De nous y préparer une place avec lui et le Père. Il partira, mais assurément, il reviendra pour nous prendre avec lui à jamais.

Par quel chemin y parvient-on ? (14:5-7)

Thomas, le réaliste entêté du groupe, refusait de croire à la résurrection de Jésus jusqu'à preuve directe du contraire (Jean 20:24-25). Dans ce passage, il ne se contentait pas de la réponse de notre Seigneur. À son sens, Jésus n'avait toujours pas répondu de façon satisfaisante à la première question. Personne ne connaissait la destination de Jésus. Ils ne pouvaient donc pas connaître le chemin pour y parvenir.

Selon Thomas, la question était simple, mais celui-ci ne semblait pas entendre la réponse. Comment savoir quel chemin emprunter sans connaître la destination ? Comment trouver le bon chemin sans connaître l'endroit ? Les disciples ne comprenaient toujours pas les paroles de Jésus touchant son départ. Ils refusaient d'accepter la prophétie de sa mort. Ils refusaient de reconnaître que le départ du maître était rien d'autre qu'un saut à l'extérieur du pays jusqu'à ce que les esprits se refroidissent et les choses se calment. Ils pensaient d'une façon très littéraire et physique. Ils ne connaissaient pas la destination de Jésus ; il leur était donc impossible de connaître le chemin pour aller à sa rencontre.

Quoique simple, la réponse de Jésus n'était pas simpliste. Il se déclarait à la fois le but et le guide. Le destin ultime des disciples était de vivre avec Christ. Ils cherchaient à comprendre les détails pour se rendre où Jésus s'en allait. Jésus les informait qu'il était à la fois guide et but : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6, version Louis Segond). Si nous sommes vraiment nés de nouveau, notre destination ultime, c'est la maison du Père. Personne ne connaît le chemin pour s'y rendre si ce n'est le Fils. Le Fils devait retourner auprès du Père. Il reviendrait plus tard prendre les siens avec lui afin de partager avec eux ses richesses. Cela suffisait aux disciples de connaître le Fils et de savoir qu'il était leur guide. Enfin, le chemin n'est pas notre responsabilité, mais la sienne.

À mon sens, il s'agit d'un principe d'une importance capitale. Jésus-Christ est à la foi notre but et notre guide. Le secret du chemin à suivre, c'est connaître le guide.

À une époque où l'avenir paraît sombre et dangeureux, il y a énormément d'intérêt, voire une inquitétude excessive, à propos du chemin à suivre. C'est l'une des grandes obsessions de notre époque : connaître la volonté spécifique de Dieu. Par la même occasion, nous en sommes venus à mettre plus l'accent sur le chemin à suivre que sur le guide. Il y aurait lieu d'écouter les paroles de notre Seigneur, lui, le Sauveur, le seul à la hauteur de la tâche. Il donne la vie. Il est la force génératrice du chrétien (cf. Jean 1:1-4). Il incarne la vérité même, le reflet parfait du Père. Enfin, il est le chemin. Il n'est pas nécessaire de connaître tous les tournants de la vie, pourvu que nous restions proche du guide.

Le seul chemin qui conduit au Père, c'est le Fils. Cette phrase résume le but de la vie et du ministère de notre Seigneur, Jésus. Tous les hommes sont pécheurs, sujets à la condamnation de Dieu. Le seul chemin qui conduit au Père, c'est l'oeuvre rédemptrice du Fils sur la croix. C'est l'élément de la mission de Jésus que les disciples auraient souhaité qu'il abandonne. Il faut nous fier constamment à Christ en tant que source de notre sanctification et notre justification.

Montre-nous le Père : cela nous suffira (14:8-21)

La promesse du Seigneur Jésus ne suffisait pas à Philippe. Je crois bien que cela ne suffisait pas aux autres disciples non plus. Jésus n'avait qu'à leur donner un signe spectaculaire en leur révélant le Père dans toute sa splendeur. Cela leur suffirait. Cela leur apaiserait leur coeur et l'esprit. Voilà la demande de Philippe. C'était une question de confirmation. L'avenir leur paraissait si menaçant et les paroles de Jésus semblaient si abstraites. Si seulement il pouvait y avoir une confirmation spectaculaire quelconque. Si seulement ils pouvaient voir le Père … En faisant cette demande, Philippe révélait la fragilité de la foi des disciples à ce moment de leur vie. Ils n'avaient pas saisi l'un des buts principaux de la venue du Christ, car Jésus était venu ici-bas pour révéler le Père.

Jésus leur a rappelé les deux courants principaux de son autorité, sa parole (verset 10) et ses oeuvres (verset 11). Son enseignement était marqué par une autorité bien au-delà du leadership religieux d'Israël (cf. Matthieu 7:28-29). Ses miracles constituaient l'approbation divine de ses déclarations (cf. Jean 3:2 ; 11:41-45 ; Actes 2:2). Même ses ennemis devaient reconnaître la puissance convaincante de ses oeuvres (Jean 11:47-48) ; 12:9-19). Mais ses adversaires refusaient d'accepter sa déclaration qu'il était Dieu. Donc, puisque Jésus faisait preuve de pouvoirs surnaturels, ils ont dû attribuer ses oeuvres à la puissance de Satan (Marc 3:22).

En plus de la preuve à l'appui des paroles et des oeuvres de Jésus, il existe aussi une autre attestation de la présence de Dieu. Cette preuve sera connue dans un temps à venir. « Quand ce jour viendra, vous connaîtrez que je suis en mon Père; vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que moi je suis en vous (Jean 14:20). Le jour en question n'est pas le jour de son retour pour les siens, ni le jour de son second avènement pour établir son royaume. C'est le jour où la puissance du Saint-Esprit serait révélé dans la vie des disciples de Jésus. Ce jour a débuté à la Pentecôte et s'est poursuivi jusqu'aujourd'hui. Vu la présence de cette puissance spirituelle dans la vie de croyants fidèles, Jésus pouvait promettre : « Vraiment, je vous l'assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les oeuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père » (Jean 14:12).

La demande de Philippe et la réponse du Seigneur cachent un principe qu'il ne faut jamais oublier : la demande d'une confirmation de la présence de Dieu de façon spectaculaire provient souvent d'un manque de foi en ce que Dieu nous a nettement révélé dans sa parole. Beaucoup d'entre nous souhaitent que Dieu se révèle à nous d'une manière spectaculaire, afin de nous prouver qu'il est réel et que nous en soyons encouragés. Mais Dieu s'est révélé à l'être humain par la révélation définitive et irréfutable de son Fils (Hébreux 1:1-2). Le fait de demander un signe supplémentaire, c'est de remettre en question la suffisance de l'oeuvre de Dieu.

Il existe une confirmation supplémentaire de notre foi, mais cela n'arrive pas du jour au lendemain. On la reçoit par une bénédiction que Dieu nous donne lorsque nous obéissons à sa parole : « Si vous m'aimez, vous suivrez mes enseignements. Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur, afin qu'il reste pour toujours avec vous » (Jean 14:15-16).

Certes, Dieu se révèle à ses enfants lorsqu'ils ont besoin d'encouragement, mais il ne le fait pas toujours de façon spectaculaire. Habituellement, Dieu confirme notre foi à mesure que nous obéissons à sa parole et cherchons à accomplir son dessein dans notre vie.

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